Au bord de la Vie

lundi 8 février 2010
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Au bord de la Vie

De
Gao Xingjian

Mise en scène
Marcos Malavia

Suivant les propositions de l’auteur, la mise en scène d’Au bord de la vie propose non pas une illustration scénique de ce que raconte la pièce, mais plutôt l’exploration de son univers intérieur. Le décor situe les acteurs comme sur le fil du rasoir, partagés entre deux publics, l’un imaginaire et l’autre réel. En effet, c’est dans cette étroite frontière que se situe le récit intérieur de cette femme qu’on imagine au bord d’un abîme, prête à s’élancer. Tout repose sur les acteurs, qui ont recours aux dimensions corporelle et vocale afin de donner à la pièce toute l’amplitude qu’elle exige.
Cette mise en scène est aussi le fruit d’une collaboration étroite avec l’auteur, de nombreux échanges sur sa vision théâtrale et la manière d’aborder son écriture si singulière. Tout au long de la pièce des images projetées sur un écran en fond de scène, reproductions filmées de toiles de Gao Xingjian, viennent réaffirmer et donner une nouvelle perspective à son écriture.
Cette pièce est à la fois une tragédie, une comédie, et une farce. La pureté de sa forme réside dans la narration. La pièce ne cherche pas le regard naturaliste, mais à parvenir au spectateur par la précision du jeu et de la voix de l’actrice qui scande le texte toujours à la troisième personne. Elle retrace le face à face d’une femme avec sa vie, au bord de cette vie qui finit.
Le rôle de la femme est interprété par Muriel Roland, qui suit le désir de l’auteur de détacher le texte de son interprétation psychologique. Certains passages, dans toute leur puissance dramatique, sont scandés et chantés par la comédienne, également mezzo-soprano, rappelant quelque part le théâtre chinois.
Son compagnon, comme le demande l’auteur, est un clown. Comme une ombre intérieure, il partage avec elle le plateau et son parcours.

Quelques propositions de l’auteur pour la mise en scène.

1- La pièce sera jouée par une actrice dans le rôle de la femme, un clown muet dans les rôles de l’homme, du démon et du vieillard.

2- On recherchera une expression moderne de jeu des comédiens qui s’inspirera de la forme traditionnelle de l’opéra chinois. On ne visera pas à représenter la réalité, mais plutôt à souligner la théâtralité.

3- La pièce est à la fois tragédie, comédie et farce, sans exclure l’acrobatie, la danse et la prestidigitation. La pureté de sa forme réside dans la seule narration.

4- La narratrice ne cherchera pas à s’identifier à son rôle. Elle y entre et en sort sans quitter sa position d’interprète neutre. Sa diction ne sera pas naturelle ; elle gardera constamment un ton théâtral. La comédienne ne cherchera pas le détail naturaliste, mais convaincra les spectateurs par la précision de son jeu.

Ces propositions ne sont pas impératives, mais serviront de référence aux metteurs en scène.

Extrait du texte

Elle dit qu’elle est lasse ; elle dit ne plus pouvoir le souffrir, ne plus du tout pouvoir le souffrir.
Elle dit qu’elle ne comprend pas ce qui a pu l’attacher à lui, la retenir. Leurs liens sont si rudes, si distants, si irritables, si tendus, si drus qu’elle veut qu’enfin tout se délie. Son esprit a failli se rompre, oui, son esprit ou plutôt son énergie… L’esprit ou l’énergie, n’est-ce pas la même chose ? Ne pas jouer sur les mots ! Il doit l’entendre.

(L’homme hausse les épaules)

Elle dit que l’incompréhension ne tient pas qu’à lui, mais qu’elle seule s’interroge sur leurs parcours, cette chute vertigineuse qui les a portés là, au milieu des histoires, des sottises, des injures. Lui, il sait au fond de lui ; mais elle seule se trouble et se tourmente, confuse, anxieuse, ne sachant si ce qu’elle dit ou ce qu’elle a dit est clair.

(L’homme fait une grimace qui l’irrite)

Voilà : toujours des plaisanteries. Et il ne devine pas ce qu’elle ne peut plus souffrir : la légèreté, SA légèreté ! Peut-il en finir avec ce jeu ? Rester un instant sérieux ? Parler calmement ? Elle l’en prie et l’en supplie ! Mais cette désinvolture irritante vient et revient encore, la pousse à bout, détruisant toute raison… et sa vie commune avec lui.



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"Le Château des Clandestins" est un théâtre fou, brutal, joyeusement provocateur… (Télérama)

"Malavia livre dans cette pièce une très belle performance de comédien" (Les trois coups)

"Le choix de mise en scène apporte certes une part de dérision, mais donne étrangement plus de force et de dynamisme à une interprétation à la fois rythmée, drôle et touchante" (L’Intermède)

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