Festival 2007

Écritures MILITANTES

« Les forces d’avenir sont des forces conspirantes »
Gaston Bachelard.

Nous tourner vers des écritures qui tentent de démasquer les faux postulats, de prendre position, c’est ce que nous avons souhaité pour notre édition 2007 du Festival Auteurs en Acte. Les « auteurs militants » nous tendent un miroir, tantôt grossissant par la fiction et l’imaginaire, tantôt amplifié par un cruel soulignement du réel, toujours stupéfiant de lucidité et de rage, jusque dans les éclats féroces d’un rire dont ils espèrent, et nous avec, qu’il aura la force de tomber en pluie corrosive sur le mur d’un monde toujours plus inhumain et absurde.
Le militant n’est pas le petit soldat « à la solde » d’un parti », d’une idéologie, d’une guerre.
Le militant ne « consomme » pas la réalité, ne la « reçoit » pas à travers la
marchandise télévisuelle, les schémas pré-formatés du tout « marchand » et autres écrans de la soi-disant modernité.
Une sentinelle se tient silencieusement sous ses paroles et sous ses actes. Oui, ce militant est avant tout une sentinelle : un guetteur en éveil, qui veut percevoir par ses sens, par son intelligence avant d’exprimer son avis.
Le militant-sentinelle sait qu’il n’est qu’une toute petite note en bas de la page des « grandes politiques » économiques, culturelles, sociales, mais quand même, il continue à crier, à hurler, à chuchoter dès qu’il perçoit la moindre prémisse de l’ombre d’une odeur suspecte.
C’est que le militant ne peut se résoudre à laisser le monde se faire, ni se défaire sans lui…
Il sait bien qu’il est vital que le vote ne remplace pas la palabre, ni l’isoloir la terrasse du café ou la place du marché, si l’on ne veut pas que l’Urne nécessaire de la démocratie ne devienne l’Urne funéraire de tous nos abandons.

C’est à ces écritures sentinelles que nous avons fait appel au travers de 21 rendez-vous (Alain l’Africain, Crocodile OPA, Positivement Vôtre, Jardinage Humain, Ex-Onomachina…). Notre festival veut donner voix à cette protestation militante, qui avec les « moyens du bord », et peut-être juste pour la « beauté du geste » et dans l’insolence solaire d’une langue incarnée, continue à croire au réveil des agneaux qui n’auraient pas encore repéré, sous les doux scintillements du développement et de la croissance infinie du meilleur des mondes, le Grand Méchant Loup mangeur d’hommes…

Marcos Malavia et Muriel Roland
directeurs de la Cie SourouS

Les Spectacles du Festival 2007

de Pierre Lorquet, Luc Malghem et Sabine Ringelheim

Mise en scène : Sylvie Landuyt
Interprétation : Frédéric Lubansu
Assistanat et régie générale : Sarra Latreche
Création vidéo et lumières : Manu Yasse
Photos et montage photos : Alessia Contu
Technique son : Fanny Clavelier
Scénographie : Vincent Bresmal
Musique : Hugues Fanuel

Bruxelles-Belgique

Création de l’Agora Théâtre (Moove Art). Coproduction Théâtre de L’L, le Manège. Mons, et le Centre des Ecritures Contemporaines et Numériques transfrontalier (CeCN). Avec l’aide de L’Acteur et l’Ecrit (compagnie de Frédéric Dussenne).
Ce spectacle a été créé au Théâtre de L’L dans le cadre de la 4ème édition du festival Enfin Seul en octobre 2006.

Un monologue doux-amer pour une histoire si terriblement ordinaire
A l’aide de micros et de claviers d’ordinateurs, les auteurs ont cherché à restituer un constat pénible : il n’est pas bon d’être Noir lorsque l’on cherche à se loger. L’histoire d’Alain est née dans l’intention de dénoncer par l’absurde une discrimination absurde.

Alain, l’Africain, découvre une identité qui de l’intérieur ne lui paraissait pas comme si évidente. Madame, Alain est Noir. Les yeux meurtriers de certains propriétaires provoqueront, chez lui, une envie de connaître mieux encore ses origines africaines et de les assumer. Mais Alain est comme chacun de nous en somme.
Unique ! C’est-à-dire un homme constitué d’une multitude de couches issues d’une multitude de tribus.

« Que signifie le besoin d’appartenance collective, qu’elle soit culturelle, religieuse ou nationale ? Pourquoi ce désir, en soi légitime, conduit-il si souvent à la peur de l’autre et à sa négation ? Nos sociétés sont-elles condamnées à la violence sous prétexte que tous les êtres n’ont pas la même langue, la même foi ou la même couleur ? »
(Extrait de la préface « Les Identités meurtrières » d’ Amin Maalouf)

Sylvie Landuyt, metteuse en scène
« Pour raconter l’histoire d’ « Alain, l’Africain », je voulais d’un comédien qui n’emprunte pas les mots d’auteurs pour raconter une histoire… Je voulais d’un homme qui se raconte à travers cette histoire écrite par d’autres, certes, mais qui ne peuvent être dits que par lui. Parce que ces mots traversent son corps, parce que cette histoire le traverse de toute part et lui arrache un cri d’une urgence implacable.
Aujourd’hui, il me disait encore : « Je crois que l’Occident n’a pas envie qu’on l’ennuie avec ce que l’Afrique vit réellement ».
Et c’est parce que j’ai eu cette même impression quand je suis rentrée de mon voyage à Kinshasa que j’ai voulu porter ce projet et choisi Frédéric Lubansu.
Pour tout dispositif scénique, une toile de plastique dans un lieu ouvert sur laquelle viennent se projeter des images de lieux urbains.
Au milieu du plateau, une créature isolée au cœur d’une ville hostile.
Tous ces éléments contribuent à l’élaboration d’une partition très précise que je souhaite d’une simplicité apparente. Rien n’est poussé à l’extrême, être sur le fil, dans la dentelle. Que ce soit dans n’importe quel registre.
En mettant toujours la priorité sur un acteur talentueux au registre large.

Auteur en scène : François Chaffin
Assistante mise en scène : Isabelle Picard

Compositeur : Dominique Malan

Jeu et chant : Serge Barbagallo, Thierry Barthe, Fanny Chevallier, Stéphanie Constantin, Virginie Peres

Architecture sonore et instrumentation : Bernard
Garabédian ( Art tactile )
Régie son : Pierre Sampagnay assisté de Antoine Clémot

Images mobiles : Murielle Félix

Costumes, accoutrement, textile : Bruno Jouvet

Création lumière, régies en scène : Isabelle Picard et François Chaffin

Bligny Ile-de-France

« Crocodile O.P.A, c’est le spectacle de la mondialisation, de la valse des caisses, des cigares qui
s’écrasent sur le marbre, du fracas des chiffres quand ils tombent des computers, du corps impossible des
affamés du quart-monde. Plus que de morale, il est question de voyages sonores et visuels, de machine
chorale, autour d’une obsession : le fric ! Nous voulons jouer de notre impuissance à flinguer le gros Dow
Jones et la petite gouape de Nasdaq, atteindre une poétique où se mêlent émotion et conscience. Faire
carnaval de la finance, allumer des feux avec nos mauvaises manières, nos rêves équitables.
Crocodile O.P.A, c’est l’histoire de trois petits cochons tirelire (yen, dollar, euro) fouillant d’un groin indélicat
la chair de nos existences consentantes. C’est une relecture bossue de la devise quotidienne : Efficacité,
Productivité, Rentabilité, passée au tamis de nos maigres révoltes (le rire, l’insolence, l’humanité, le
théâtre).
C’est faire du cynisme des grands argentiers un jeu de quilles, un sabir de souk et de rage, porter haut la voix d’une contestation lucide : la voix parce qu’il ne nous reste plus qu’elle, lucide parce que nous savons
bien qui est Don Quichotte.
Alors bon, parler du fric et des systèmes qui nous en privent, mais aussi et surtout de cet atavisme où nous fantasmons depuis la nuit des temps : engranger, engranger plus, engranger toujours plus !
Jouer de nos réflexes cupides, de notre incapacité à sortir de l’aliénation qui consiste à gagner sa vie, confondre le temps avec l’argent, et nous engloutir en oubliant les plus démunis.
S’acheter une conscience à plus ou moins quinze euros, s’impliquer, donner, culpabiliser pourtant !
Savoir que le grand capital et la mondialisation sont un désastre humain autant qu’une tragédie écologique…Savoir tout cela et regarder ailleurs. Sauver sa peau. Assurer de quoi…
Faire gabegie avec l’économie du théâtre, et son infini pouvoir de suggestion, prendre nous-même conscience, tenter de partager avec la salle un souffle de résistance… »

Le Théâtre du Menteur

Crocodile OPA est le premier opus de la trilogie « 3 utopies pour 1 désastre » de François Chaffin Texte écrit en résidence à la Chartreuse de Villeuneuve-lèz-Avignon en 2005.
Crocodile OPA a obtenu l’aide à l’écriture et à la production de Beaumarchais.

Une production du Théâtre du Menteur, compagnie conventionnée par la DRAC Île-de-France, le Conseil général de l’Essonne, le Conseil régional Ile-de-France, l’Agence Régionale d’hospitalisation d’Île-de-France, l’association du Théâtre de Bligny au titre de sa délégation pour le projet artistique du théâtre de
Bligny.

Le Théâtre du Menteur
Une utopie demandée : la troupe.
Artistes et techniciens sont invités en résidence de création sur le plateau du Théâtre de Bligny, cohabitant avec les mêmes doutes, cheminant cinq années pour sortir de ces âpres sujets le jus collectif de l’impertinence et du plaisir d’avoir ensemble bâti une riposte au consensus désoeuvrant. Comme du silex qu’on frotte : voir comment prend le feu. Renouer avec les origines du théâtre, distraire et enseigner, s’engager, devenir tous ensemble le ver, et retrouver la pomme.

Samedi 10 novembre Théâtre Victor Hugo 20 h 30

Spectacle conçu d’après de articles de journaux et des textes de : Flore Vasseur, Mohamed Razane, Patrick Viveret, Jean-Charles Masséra, Pierre Rabbhi, Ivan Illich, Heiner Müller…
Mise en scène : Muriel Roland
Assistants : Assiata Camara et Romain Larguier,
Création lumières : Erick Priano
Production : Cie Sourous
Avec : David Bailliet – Cermelia Baylom – Cyril Bezy – Pauline Darcel- Juliette Ducrot – Agnès Gault- Christian Gorin – Monica Ineza- Romain Larguier – Lorène Leroy – Olivier Louise- Zoé Mataix – Sally Monteiro – Claudine Müller – Leah Njeim – Hervé Pénisson – Emilie Poirier – Catherine Rebours – Elise Rillard – Pierre Salmeron- Nina Vittemetz

Bagneux- Ile de France

« Dans les coulisses du progrès, des hommes intègres poursuivaient intégralement la désintégration progressive de la matière vivante désemparée ».
(Jacques Prévert)

Le business, c’est la guerre. Du sang et des larmes. Heureusement, DÉVELOPPEMENT ET HUMANISME, telle est notre devise ! C’est pourquoi LE PROGRES vous offre des solutions adaptées :
LES TRANQUILLISANTS ET SÉDATIFS HYPNOTIQUES vous évitent de vous exclure des circuits économiques, LA CROISSANCE INFINIE, vous procure un BIEN ÊTRE toujours optimisé, et pour les autres, restent des modes de vie de substitution (LE DISCOUNT ET LA TELEVISION, Où tout le monde est COOOOOOL, sincère, généreux, FOR-MI-DABLE !).

C’est dans le cadre expérimental des ateliers de la compagnie Sourous, très propice à la réflexion et à la construction collective que nous avons créé « Modernité : mode d’emploi », pour regarder et rire du monde tel qu’il va, et tel que nous le vivons au sein de nos entreprises et de nos vies en général. Au fil de nos lectures et de nos discussions s’est dessinée une image des souffrances typiques du monde moderne : souffrance dans le travail, perte du sens et des sens, fragmentation de l’espace, du temps et de la vie, compétition et exclusion, frénésie de la consommation et de la croissance avec ses conséquences désastreuses tant sur l’écologie que la perte de convivialité des cultures humaines.

La Compagnie Sourous
Créée en 1990, et implantée à Bagneux, la Compagnie SourouS, depuis sa création, articule ses actions autour de cette problématique forte : faire un théâtre exigeant, en privilégiant les « poètes du risque » que
sont les auteurs contemporains, tout en cherchant en permanence les moyens d’aller à la rencontre des gens.
C’est ainsi que dix-huit créations d’auteurs vivants et contemporains ont vu le jour, jouées dans plusieurs théâtres français : Théâtre de l’Epée de Bois –Cartoucherie de Vincennes, Théâtre du Renard à Paris, Théâtre de la Cité Internationale, Théâtre Essaïon, Centre Georges Pompidou, Théâtre Victor-Hugo à Bagneux, Théâtre des Halles en Avignon, Festival de Théâtre Européen de Grenoble, Festival d’Avignon (Les Halles, Le Balcon, Théâtre des Sources, Faculté des Lettres…), ainsi que dans des festivals internationaux : Festival d’Automne et La Alternativa de Madrid, FITAZ de La Paz en Bolivie.

Dimanche 11 novembre Théâtre Victor Hugo 16 h30

de Jean-Yves Picq
Direction d’acteurs et dramaturgie : Jean-Yves PICQ
Comédiens : Laurence Cazaux, Nicolas Duplot et Patrick Gay-Bellile
Création décors : Jean-Luc Brunet
Création lumières : Jean-luc Brunet et Gilbert Barrié
Création sonore : André Dion
Auvergne

Spectacle d’Acteurs, Pupitres et Compagnie, en coproduction avec la Compagnie des Champs.

Ce spectacle a reçu le soutien de la DRAC Auvergne et de la Région Auvergne, du Conseil Général du Puy de Dôme et du Parc Naturel Livradois-Forez.

POSITIVEMENT VOTRE met en jeu l’Entreprise, comme métaphore de la Société, dans ce qu’elle a de plus déshumanisant. « Lui » est un cadre ambitieux, qui vient d’obtenir une promotion et pour cela doit licencier trente personnes dans la journée. « Il » et « Elle » arrivent, ils sont « abymés » à tel point que l’homme en est devenu transparent et en a perdu le langage… La contamination par cet « abyme » va se poursuivre sous les yeux des spectateurs. La confrontation des trois personnages provoque le rire, un rire qui naît du grave.

Positivement vôtre est une satyre impitoyable de la perversité de l’entreprise, mangeuse d’hommes et de femmes. Derrière cet exercice de haut style, c’est tout notre environnement sociétal que l’auteur embrasse d’un regard acéré et sans concession. Cocasse, burlesque et dérangeant.
Alain Blanc-Garin –La Montagne

Le théâtre de Jean-Yves Picq creuse le silence afin de ne pas nous laisser sans langue face à la confiscation du monde. Le rapport au monde, c’est ce qui pousse Jean-Yves Picq à écrire, au sens le plus charnel qui soit. Pour lui la pensée est d’abord sensuelle.

Jean-Yves Picq Auteur, metteur en scène et comédien, Jean-Yves Picq a écrit une trentaine de pièces représentées en France et à l’étranger. Il a été plusieurs fois résident à la Chartreuse de Villeneuve-les-Avignon ainsi que boursier du CNL, de Beaumarchais, et de la DMDTS. Membre fondateur des Ecritures Vagabondes, il participe régulièrement à des résidences d’écriture à l’étranger.

Au Festival AUTEURS EN ACTE, Jean-Yves Picq a présenté sa lecture spectacle de Voïces, ou le retour d’Ulysse en 2000 et la création d’une fable musicale, Cité de verre, en 2001.
Acteurs et pupitres
La création de « Positivement vôtre » marque la naissance d’Acteurs et Pupitres. Menée par Laurence
Gazaux, comédienne et collaboratrice de la revue littéraire Le Matricule des Anges, cette structure est
centrée sur le lien avec les auteurs dramatiques contemporains et se donne comme axe de recherche de
faire entendre des textes qui inventent une langue pour dire le monde d’aujourd’hui.

Lundi 12 novembre Théâtre Victor Hugo 20h30
Mardi 13 novembre
CSC Jacques Prévert
19h30

 

Théâtre Musical

Dimanche 11 Novembre – Théâtre Victor Hugo – 17h00

Conception et mise en lecture : Thierry Escarmant

Avec : Fanny Avram et Frode Bjornstad

Compositeur et guitariste : Ryan Kernoa

Sonorisateur : Stephan Krieger.

Compagnie Écrire un Mouvement

Corpus Qu’avez-vous vu est une version lecture musicale des textes de la prochaine création de Thierry Escarmant.
Cette pièce s’articule autour des interrogations soulevées par un sentiment d’impuissance que nous éprouvons parfois face aux réalités sociales, politiques et culturelles de l’humain.
Un sentiment qui s’étend parfois jusqu’à cette sensation de claustration et de malaise que Camille de Toledo appelle « Le nouvel enferment » et qu’il précise ainsi : « Je suis un asthmatique de l’âme. Je veux dire par là que l’époque me pose un problème respiratoire.
Je manque d’air. »
Si d’autres auteurs tels que Didier-Georges Gabily, Miguel Benasayag ou Bernard Stiegler nourrissent cette création, c’est du côté du corps que les tentatives de réponses sont abordées. Un corps qui s’offrirait en écluse fébrile comme dernier rempart. Un corps qui dessinerait dans l’air une réponse aphone, esquivant le verbe et la friabilité des discours,
tentant de suspendre, ne serait-ce que quelques instants, les dialectiques et les
oscillations entre résistance et résignation.

Jean Marboeuf est plus connu comme réalisateur de films et téléfilms. On lui doit notamment le « Pétain » qu’interpréta Jacques Dufilho. Après de nombreux courts ou longs métrages et quelques romans, Jean Marboeuf s’essaye avec succès au théâtre. Il nous livre des personnages touchants dans leur fragilité, aux prises avec un passé qui les rattrape et ne les lâchera plus. Fidèle à son regard engagé et militant, Jean Marboeuf avec cette pièce nous témoigne de sa simplicité et grand sensibilité lorsqu’il choisit de nous faire partager son regard militant sur notre société.
Parmi la quinzaine des longs métrages réalisés se trouve Belle Ordure, Grand Guignol, le Temps du Chien, Coup de sang

LE TROUPEAU AVEUGLE Un projet de fiction minimaliste d’après l’œuvre de John Brunner
Musique : Guigou Chenevier
Jeu : Nicolas Gény
Images : Erick Priano
Production : Inoui Productions
Soutien : Drac, Conseil Général du Vaucluse, Conseil
Régional PACA.
Avignon

Cette création a eu lieu autour de l’oeuvre emblématique de John Brunner, Le Troupeau Aveugle, roman noir de politique fiction écrit en 1972, qui se déroule au début du 21ème siècle aux Etats-Unis (c’est–à-dire aujourd’hui ! ).

John Brunner fait œuvre de visionnaire, en traitant de sujets qui sont encore aujourd’hui d’actualité : la pollution, l’épuisement des ressources naturelles, la surpopulation, la pauvreté, les violences urbaines, les dérives des médias, le terrorisme, l’impuissance des politiques face à l’ultra-libéralisme économique, l’eugénisme, la génétique, la course aux armements, les dangers du nucléaire, etc…

Fiction politique minimaliste, c’est à la fois du jeu théâtral et de la lecture, du travail de l’image et des projections vidéo, du bruitisme et de l’accompagnement sonore et musical…

Le percussionniste et compositeur Guigou Chenevier, et ses deux complices le comédien et metteur en scène Nicolas Gény et le vidéaste Éric Priano ont imaginé ce projet. Leur spectacle est doublement
pertinent. Sur le fond, puisque les prophéties écologico-politiques de Brunner, qui situait son livre entre 2000 et 2010, sont saisissantes. Et sur la forme : tous les moyens sollicités (musique, théâtre d’objets,
vidéo…) témoignent d’un mélange heureux de fantaisie et de précision
René SOLIS – Libération.

L’EQUIPE :
Guigou Chenevier, à l’origine du projet est membre de l’association INOUI Productions, spécialisée dans la promotion des « musiques nouvelles » .Il a joué avec le groupe rock ETRON FOU LELOUBLAN, n’a
cessé de multiplier les rencontres musicales, et travaille régulièrement pour le théâtre (Nième Compagnie, Cie Mises en Scènes…).

Nicolas Gény, privilégiant les aventures collectives fortes, collabore de manière régulière avec la compagnie Fraction ( Jean-François Matignon), la compagnie Mises en Scène ( Michèle Addala et Agnès Régolo) et la Compagnie de L’Imprimerie, collectif d’artistes regroupant musiciens, comédiens et plasticiens

Erick Priano, vidéaste, cinéaste et créateur d’images. Il créé l’association Horizons Eclectiques qui rapproche les différentes pratiques artistiques Il multiplie les collaborations artistiques et techniques en théâtre, musique, danse…et en image avec ses propres réalisations et un goût prononcé pour le nitrate (Image argentique comme moyen d’expression rythmique et pictural).

Mercredi 14 novembre SALLE LEO FERRE 20 h 30

Spectacle composé à partir de : JUSTE AVANT QUE… !, Fiction de Michel Simonot, Le petit bois de Bruno Corlais et divers textes écrits par les habitants du quartier
Mise en scène : Marcos Malavia
Scénographie, lumières : Erick Priano,
Comédiens : Assiata Camara, Roselyne Geslot, Christian Gorin, Muriel Roland.
Accessoires, costumes : Frédérique Monneau
Co-production : Ville de Bagneux, Festival Auteurs en Acte, Compagnie SourouS
Bagneux-Ile de France

LE TEP DES TERTRES a une histoire :
Tout a commencé avec le lancement d’une Opération de Renouvellement Urbain (ORU) des quartiers Tertres et Cuverons, dans le sud de Bagneux. La Compagnie SourouS, implantée de longue date à
Bagneux, propose un travail avec ls habitants et les divers acteurs sociaux (C.S.C. Fontaine Gueffier, A.I.B., GERMAE, Collège Romain Rolland, associations…), afin que soit explorée la mémoire vive du quartier, composée d’un tissage serré de l’intime et du collectif, patrimoine immatériel essentiel à intégrer dans le projet du futur quartier. C’est ainsi que naît VISAGE DU QUARTIER (2002-2003-20054) : ateliers d’écriture, spectacles « lectures-mises en espace » au CSC, au Collège Romain Rolland, exposition photos itinérante dans la ville, parution d’un livre-CD, création d’un « gros » spectacle au Théâtre Victor Hugo.
Les familles quittent peu à peu la barre des Tertres. Comment vivre dans cet « entre-deux » s’insinuant dans le quotidien par ces fenêtres qui se murent peu à peu ? La Compagnie SourouS se remet en chantier
et c’est UN PRÉSENT PROVISOIRE (2004-2005-2006) : une « cueillette » importante de témoignages d’habitants est remise à trois auteurs chargés chacun d’en faire une « confiture ». C’est la naissance de
trois œuvres : Le petit bois de Bruno Corlais, La barre de Messaoud Benyoucef, Fiction de Michel Simonot, jouées dans divers lieux du quartier (Gymnase Marcel Cachin, CSC Fontaine Gueffier) et de la ville (Salle des Fêtes Léo Ferré).
Et maintenant, le troisième temps… Grâce à François Fabre, plasticien balnéolais bien connu des habitants pour être l’auteur de plusieurs fresques murales (place du marché, quartier de la Pierre Plate…), la barre des Tertres devient l’immense page d’une bande dessinée géante et ouvre, dans un appartement vide du 16, rue des Tertres, son Théâtre Ephémère de Poche, TEP, lieu d’expression des habitants, des associations, des artistes d’où elle pourra tirer en beauté sa révérence, et saluer, d’une dernière salve, le NOUVEAU, sans néanmoins « du passé faire table rase ».
Le Festival Auteurs en Acte est heureux d’accueillir son public en ce lieu tout bruissant de la parole vivante des habitants et ex-habitants de ce quartier si attachant…

Du jeudi 15 au samedi 17 novembre Théâtre Ephémère de Poche 18h30

de Régis Hébette
Mise en scène : Régis Hébette
Collaboration artistique : Olivier Coulon Jablonka
Comédiens : Pascal Bernier, Fabrice Clément, Sylvain Dumont, Majida Ghomari
Régie générale et lumières : Valéry Pasanau et Saïd Lahmar
Production : Cie Public Chéri
Bagnolet-Ile de France

« C’est pour les analphabètes que j’écris » Antonin Artaud.
S’il ne peut changer les choses, le théâtre peut encore changer l’ordre des mots.
Ex Onomachina, ne présente ni drame, ni personnage, ni « discours » à proprement parler.
Ex Onomachina produit de la langue et du jeu, du jeu de sens et de sons : homonymie, homophonie, polysémie tentent de mettre le sens en déroute et les sens en éveil.
Ex Onomachina s’inscrit dans le prolongement de plusieurs réalisations « sonores » de la compagnie Public Chéri, notamment Arto guerrier (1998, textes d’A.Artaud) et Populiphonia (de R.Hebette) créé en 2001 et édité en 2006 (Editions « l’Espace d’un instant »).
Il y a de la langue et du jeu, du jeu de langue dans tous les sens, du jeu de lèvres et de dents, du désir de
nommer, d’appréhender le monde par la bouche… et il y a du « chant ».
La langue est le moyen, le jeu est la finalité.
Ici, les acteurs sont d’abord des athlètes : leur travail est d’exhiber les ressources physiques de la langue.
C’est d’une quête incertaine et déterminée vers une langue d’origine qu’il s’agît, un voyage analphabétique, une prière au pied de la lettre.
« Le mot est l’homme, sa mémoire et son devenir » Edmond Jabès.

REGIS HEBETTE – Cie PUBLIC CHERI :
Formé aux ateliers des quartiers d’Ivry, il créé la compagnie Public Chéri, et il crée trois de ses textes, « Intérieur Gouffre » en 1994, puis « Hola » en 1996, et « Populiphonia » en 2001 ( Editions : L’espace d’un instant – 2006). Il fonde le théâtre L’Echangeur .. Il adapte et met en scène des textes d’Antonin Artaud : « Artaud Guerrier » de Vladimir Maïakovski…et « Lisbeth est complètement pétée » d’Armando Llamas en 2005.
En 2006, il écrit et met en scène « Bâ-ti-boum », qu’il conçoit avec Jean Louis Méchali sur le principe de l’instrumentation de Lutherie Urbaine fabriqué à partir d’objets de récupération.
Depuis 2003, il collabore avec Marcos Malavia à la création du Conservatoire National de Bolivie.

Jeudi 15 novembre Théâtre Victor Hugo 20 h 30

diptyque composé de Ultra-petita, de Thierry Trani et de Ouvrier vivant, de Christophe Tarkos
Conception, mise en scène et scénographie : Patrick Zuzalla
Assistante à la mise en scène et création lumière : Emmanuelle Phelippeau-Viallard
Musique :Simon Fisher Turner
Comédien pour Ultra-petita : Thibaut Corrion
Comédiens pour Ouvrier vivant : Francisco Gil et Jeanne Vitez
Production : Groupe TIM en coproduction avec la Maison de la Poésie de Paris
Paris

« De ces deux travaux — Ultra-petita et Ouvrier vivant ont été créés séparément à la Maison de la Poésie de Paris en 2007 — nous n’avions pas vu au début l’unité. Elle nous est apparue quelque temps avant le
début des répétitions, lors d’une relecture des Lettres luthériennes de Pier Paolo Pasolini, recueil d’articles de 1975 dans lequel le cinéaste abjure sa Trilogie de la vie. S’y retrouve le constat pessimiste qu’il n’y a
plus de jeunesse et de peuple en Italie et dans les autres pays qu’il qualifie de “ développés ”, par la grâce de la dépolitisation des sociétés consuméristes. Et en effet le glas sonne pour les années rouges, l’heure
est à la Restauration.
Aujourd’hui, au moment même où le jeunisme et le “ modèle démocratique occidental ”, croit-on, triomphent, Ultra-petita et Ouvrier vivant traitent chacun à leur manière d’une de ces deux disparitions, et affirment : oui, la jeunesse existe, et oui, le peuple existe. Aucun romantisme ici. Simplement la force déclarative de la politique. »
Patrick Zuzalla

Thierry Trani (Marseille, 1962 – Paris, 2003), romancier, dramaturge. Il avait peu publié, et seulement en revue (Petite, Rue Saint-Ambroise, Passage d’encres, etc.). Il a été pendant cinq ans, de 1997 à fin 2002, co-animateur de la revue Petite. Il laisse de nombreux textes dont certains ont été réunis après sa mort par Florence Pazzottu et Christiane Veschambre et publiés par la revue Petite sous le titre Ultra-petita, deux pièces de théâtre, Polyanna et Les Grandes Eaux, un important roman, Amos, ces derniers étant à ce jour encore inédits.
Le spectacle est composé de quatre textes, “ Montée du loup ”, “ Hôtels ”, “ Ultra-petita ” et “ Une fin en soi ”, tirés du recueil Ultra-petita.

Christophe Tarkos (Marseille, 1963 – Paris, 2004), poète, auteur de performances. Nombre de ses textes ont paru en revue, entre autres dans Java, Action poétique, Doc(k)s, Le Jardin Ouvrier, Revue de
littérature générale, Nioques. Il a fondé avec Katalin Molnár la revue Poézi prolétèr, avec Charles Pennequin, Vincent Tholomé, Nathalie Quintane la revue Facial et a codirigé la revue Quaderno avec
Philippe Beck. Il a notamment publié Oui (1996), Le Bâton (1997), L’Argent et La Cage (1999), Ma langue (2000) chez Al Dante, Caisses (1998), Le Signe (1999), PAN (2000), Anachronisme (2001) chez P.O.L,
Processe (Ulysse fin de siècle, 1997), La Valeur sublime (Le Grand Os, 1998). Il a participé au recueil collectif Ouvriers vivants publié en 1999 aux éditions Al Dante en soutien aux ouvriers sans papiers.
C’est le poème tiré du recueil Ouvriers vivants qui donne son titre au spectacle comprenant également deux textes extraits de PAN et seize poèmes de Caisses.

Vendredi 16 novembre Théâtre Victor Hugo 20 h 30

de Rodrigo Garcia
Mise en scène : Eva Vallejo
Musique : Bruno Soulier
Traduction : Christilla Vasserot
Régie générale : Eric Blondeau
Lumières : Xavier Boyaud
Costumes : Dominique Louis assistée de Sohrab Kashanian
Interprètes : Lea Claessens (violon) Yannick Deroo (percussions) Pascal Martin-Granel (comédien) Bruno Soulier (piano) Eva Vallejo (comédienne)
Production : Cie L’Interlude T/O
Lille

Une suite de pensées qui se juxtaposent, entrent en collision : les enfants, les chiens, l’économie, le football, les téléphones portables… comme on passe une journée, d’un sujet à un autre, d’une occupation à une autre. Poétique, démesurée, imagée, la parole dans Jardinage Humain est aussi sans logique, éclatée, subversive.
Après Fallait rester chez vous têtes de nœud et After Sun, adaptés sous la forme légère d’un Porte-Voix (2002), Eva Vallejo et Bruno Soulier s’emparent à nouveau de la langue et de la pensée de Rodrigo Garcia pour aller vers la forme d’un concert théâtralisé pour une comédienne, un comédien, percussions, violon et piano.

RODRIGO GARCIA
Auteur et metteur en scène de ses textes, Rodrigo Garcia est né en 1964 en Argentine. L’enfant de la banlieue de Buenos Aires se destinait au métier de boucher comme son père, mais après avoir quitté son pays déchiré et avoir travaillé dans le milieu de la publicité, à Madrid, il y fonde la compagnie La Carniceria Teatro (1989). Depuis, il a réalisé de nombreuses mises en scène expérimentales, en recherchant un langage personnel, éloigné du théâtre traditionnel.
Son écriture s’inspire du quotidien, de la rue où il a grandi, « dans cette banlieue populaire de Buenos Aires au milieu de copains destinés à devenir ouvriers ou maçons ». Il rêve d’un théâtre où « n’importe qui
puisse pousser la porte » sans hésiter sur le seuil.
Cie L’Interlude T/O : Eva Vallejo et Bruno Soulier

L’Interlude T/O organise sa démarche autour d’une devise : « Par le mot et le son, parler de l’homme aujourd’hui, de ce qui fonde son identité », sous la forme de spectacles associant le plus étroitement possible musiques originales et textes contemporains.
C’est par cette recherche d’un théâtre qui se souviendrait de ses origines que l’Interlude T/O veut parler de l’homme contemporain en allant vers un théâtre/oratorio où voix parlée et musique deviennent un seul et même chant.

Leurs dernières créations : « INVENTAIRES » / Philippe Minyana (2003) et « ORATORIO POUR UN JOUEUR DE TANGO » / Humberto Costantini, ont été soutenues par le Conseil Général du Pas-de-Calais, le Conseil Général du Nord,la ville de Lille.La compagnie est également conventionnée par le ministère de la Culture- DRAC.Nord/Pas-de-Calais et le conseil régional du Nord.

Samedi 17 novembre Théâtre Victor Hugo 20 h 30

Autour du Festival 2007

La parole engagée, l’artiste et l’institution
DÉBAT

animé par Thomas Han, journaliste

en partenariat avec le magazine Cassandre

Un temps fort de réflexion auquel participeront des personnalités du monde associatif de la ville, des intellectuels, et des artistes.
Le Festival Auteurs en Acte s’est toujours inscrit dans une réflexion globale sur la place de l’art dans la société. C’est pourquoi ce débat d’idées est un rendez-vous important.
Si important qu’il est désormais objet d’une publication, un livre éponyme qui paraît chaque automne aux Editions de l ‘Amandier et qui reprend les échanges des intervenants.

Cette année, le thème choisi interroge l’imbrication entre les artistes et les institutions autour de l’acte de création.
« La parole engagée, l’artiste et l’institution »

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par la Cie Sourous
INTERVENTIONS THÉÂTRALES
Dans divers lieux et places publiques de la ville

ATTENTAT, Du verbe latin attemptare : Tenter audacieusement ; faire une tentative.
Qu’à cela ne tienne ! Si même l’étymologie lui donne raison, le festival Auteurs en Acte ne laissera plus aux terroristes l’apanage de ce mot qu’ils ont rempli de larmes et de sang. En l’acoquinant à la poésie, nous lui redonnerons sa vigueur non violente et audacieuse, sa valeur de tentative excentrique et critique, son insolence truculente et conviviale, pour la plus
grande joie et avec la complicité des balnéolais en leurs marchés et en leurs rues qui se verront, à bon escient, animés de joyeux hurluberlus avec juste ce qu’il faut de turbulence….A bon entendeur, Salut !

Lieux où se produiront les attentats poétiques : secret

Heures auxquelles se produiront les AP : secret

Indices : il y a le Marché village le vendredi soir à Bagneux sur la place Dampierre, et le marché Léo Ferré le Dimanche matin…

 

STAGE
animé par Marcos Malavia,
un critique-journaliste et les artistes accueillis au Festival.

Faire découvrir les écritures contemporaines et chercher à créer un public, à susciter l’intérêt autour de ces auteurs, voilà l’une des préoccupations du Festival. Pour y répondre, la Compagnie SourouS organise chaque année un stage de découverte théâtrale et de sensibilisation : donner les moyens de mieux appréhender un spectacle, découvrir des clés personnelles pour le décryptage d’une œuvre, et éventuellement, en rendre compte,
rencontrer les artistes au cours d’ateliers de pratique.
Ce stage, dispensé sur trois jours, a pour but d’aider le spectateur à écrire son Journal de bord du festivalier.
Les trois phases de travail :
Lors de la première séance, les spectateurs travaillent d’abord avec un metteur en scène pour découvrir les bases et les outils du langage théâtral. Puis le critique-journaliste donnera les bases de perception et de décryptage d’une œuvre.
Pour la deuxième séance de travail, les spectateurs auront assisté à une représentation la veille. Ils vont alors rendre compte de leur appréciation et de leur lecture de la pièce, puis ils pourront confronter ces impressions avec les artistes du spectacle.
La dernière séance aura lieu le dernier jour du festival. Les stagiaires auront assisté à la plupart des spectacles du festival, et chacun aura élaboré un journal de bord qui sera partagé, par le biais d’une lecture en commun, avec l’ensemble des participants.

Samedi 10, dimanche 11, Samedi 17 novembre de 9 h à 13 h 30 Local de la Cie SourouS

Bal utopique 2008

« TERTULIA POLITICA »

On appelle « Tertulia politica » une soirée où les gens sont invités à partager des textes politiqueset poétiques autour d’un théà la menthe, d’un verre de vin chaud ou autre « réchauffant d’atmosphère ».

Avec le concours des ateliers théâtre de la Compagnie SourouS et du public.