Festival 2008
68-2008 ÉCRITURES EN HÉRITAGE, GATTI, ARRABAL, JODOROWSKY…
Présentation du festival 2009 par les Directeurs de la Compagnie Sourous : Marcos Malavia et Muriel Roland
Loin de nous l’idée de nous épancher dans une commémoration de plus. Non, l’édition 2008 s’inscrit plutôt dans le questionnement suivant : y-a-t-il eu un théâtre légué par les évènements et l’esprit de 68 ? Et si oui, qu’en reste-t-il ? En bâtissant la programmation, il nous est apparu que notre théâtre d’aujourd’hui s’était bien assagi, à l’image des grands « repentis » de 68, dont les multiples célébrations ont loué avec pléthore tous les renoncements, en première ligne du front médiatique.
Ce que nous proposons, c’est d’aller à la rencontre d’un héritage silencieux ; celui de ceux qui sont restés fidèles,dans leurs pratiques artistiques, à ce grand rêve qu’a porté 68 d’en finir avec la société de consommation techno-industrielle et de replacer au centre l’homme et sa créativité sociale. Cest à la rencontre avec ceux là, ceux qui ont détourné les yeux des appels scintillants de la société libérale, que nous vous convions pour notre édition 2008. Ceux qui sont restés dans le foisonnement d’une recherche esthétique jamais achevée, ceux qui préfèrent les maladresses aux ronrons-flonflons d’un théâtre « bien propre sur lui » qui ne fait que tendre un mirroir flatteur à la « société cultivée » qui vient s’y contempler ; Bref une rencontre avec ceux qui pratiquent un théâtre où « il se passe encore quelque chose ».
Nous avons cité : Armand Gatti, Alexandro Jodorowski, Fernando Arrabal… Trois auteurs qui en plein moi de mai 68 agitent les scènes à leur singulière manière ; Et ceux qui aujourd’hui nous paraissent emprunter des cheminements parallèles : Lazare, Nicolas Bonneau, Jeanne Poitevin…
Ce sont les écritures de ces guetteurs des révolutions de l’âme que notre festival veut offrir à la rencontreau travers de 21 rendez-vous, afin que résonne cet héritage silencieux dont les commémorations n’ont pas laissé entendre la musique. Peut être parce que ces voixsont celles que l’on n’a pas pu contrôler… ?
Marcos Malavia & Muriel Roland, Directeurs de la Compagnie SourouS.
Les Spectacles du Festival 2008
Inventaire 68, Un pavé dans l’histoire
de Nicolas BONNEAU
Mise en scène et collaboration à l’écriture : Anne Marcel
Lumières et images : David Mastrette
Interprétation : Nicolas Bonneau
Comment raconter les évènements de 68, sans se perdre dans clichés ? Sans se perdre dans un aussi vaste sujet ?
Peut-être en ne montrant pas tout, en suivant les parcours de quelques-uns, en essayant d’attraper au vol des sensations, des émotions, les symptômes d’une époque.
Ce « 68 » se veut tout à la fois ludique et humain, politique, polémique et porteur d’espoir.
Contribution à la mémoire de ceux qui ont vécu ces évènements, de près ou de loin, sans concession ni glorification, en interrogeant notre histoire récente ;
Étudiants, travailleurs, politiques, mouvements féministes, syndicats, ouvriers, bourgeois, enfants de 68, mais aussi ceux pour qui 68 n’a pas eu lieu, tous seront convoqués pour cet inventaire…
Vendredi 7 novembre Théâtre Victor Hugo 20h30
haut de page
Des idéaux
de Jeanne Poitevin
Mise en scène : Jeanne Poitevin avec Maxime Carasso
Avec : Maxime Carasso, Lætitia Lacona, Boris Piot, Marion Bonnefoy, Jean-Marc Poupinais, Jeanne Poitevinn
Improvisation musicale à la contrebasse : Rosine Feferman, Richard Léandre
Compagnie Alzhar
Je voudrais entamer un travail qui interroge cette colère, cette violence de l’homme…
Il y a 10 ans, Jeanne Poitevin écrit Tout ce qui est terrible, un texte sur la violence qui nous habite, nous anime, nous détruit ou nous fait vivre.
Aujourd’hui, Jeanne Poitevin et le collectif de création de la compagnie ALZHAR reprennent ce texte pour construire DES IDÉAUX, des I et des O, une création transdisciplinaire qui met en scène Tout ce qui est terrible, enrichi et retravaillé par tous les artistes et les amateurs qui suivent le travail de la compagnie ALZHAR depuis 10 ans.
Samedi 8 novembre Théâtre Victor Hugo 20h30
Women men 68 même pas mort
Conception et réalisation : Bruno Boussagol
Mise en écriture et texte : Nadège Prugnard
Avec Jean-Louis Debard, Pierre-Marius Court et Bruno Boussagol
Brut de Béton production
Comédie engagée, Women se joue sur des hymnes de Georges Brassens, Léon Cohenn, John Lennon, Jeanne Moreau, Frank Zappa…
Avec Women, nous voulons rendre hommage à ces femmes qui avaient entre 25 et 30 ans en 1968 et qui ont révolutionné la « condition féminine » ;
Elles ont Pris des risques avec leur existence. Elles ont pris le risque suprême de vivre, souvent au détriment de leur corps, de leur famille, de leurs amours. L’engagement dans l’incertitude et l’inconnu nous a éclairés.
Nous avons demandé à Nadine Prugnard de nous accompagner par son écrituredans notre recherche en recueillant le témoignage de femmes tout simplement engagées.
Trois comédiens interprêtent des femmes de 70 ans. Ce sont des femmes qui parlent, hurlent, chantent, rient, et pleurent. Elles ont décidé de revenir sur scène pour « changer le monde ». Elles ont quitté leur retraîte pour de nouveau s’engager dans les combats d’aujourd’hui.
Dimanche 9 novembre Théâtre Victor Hugo 17h00
Comme un is entre les épines
de Fernando Arrabal
Mise en voix par Marcos Malavia
Rufus prête sa voix et son jeu d’acteur étonnant et généreux à la comédie écrite par Fernando Arrabal
Comme un lis entre les épines est un théâtre fou, brutal, joyeusement provocateur… Il hérite de la lucidité d’un Kafka et de l’humour d’un Jarry, il s’aaprente à Sade ou à Artaud. Mais Arrabal est sans doute le seul à avoir poussé la dérision aussi loin… La carcasse de nos sociétés avancées se trouve carbonisée sur la rampe festive de la révolution permanente :
LULLY : Mes confrères sont si jaloux de moi qu’ils ont donné à mon hôpital (Il montre de loin la scène), que je dirige avec tant de prudence et de cordeau dans l’œil, le sobriquet de Challenger. Ils prétendent que mes malades entrent dans cet ultime refuge pour monter tout droit au ciel. Cette sorte d’ironie glisse sur moi comme rosée sur tapis de brouillard.
Lundi 10 novembre Théâtre Victor Hugo 17h00
Interdit aux plus de trente ans
d’Armand Gatti
Lecture dramatidée : Armand Gatti Lira sa pièce commeun témoignage de son refus des guerres capitalistes et de toute célébration de ces boucheries.
Gilles Tautin, cet étudiant noyé dans la Seine devant les usines de Flins, est-il le symbole de Mai (la croisée de toutes les questions) ? Ou « un cas », une exception : « Les affrontements les plus graves de mai se sont faits sans morts » ?
Pièce « d’intervention » dans la lignée des mini-pièces, Interdit aux plus de trente ans est, de fait, une pièce où Gatti interroge Mai à la lumière de sa propre biographie (ou l’inverse). Obseesion de l’homme-enfant-assassiné (qu’il aurait pu être). Prolongement des enjeux de la Résistance (c’est d’ailleurs la première fois qu’il aborde ce thème au théâtre). Don Quichotte, c’est Gatti lui-même (c’était son nom de résistant).
Mardi 11 novembre Théâtre Victor Hugo 20h30
Armand Gatti, est-ce un nom d’arbre ?
de Julien LUNEAU
Mise en scène : Jean-Marc Luneau
Avec : Isabelle Ernoult, Odile Ernoult, Denis Guipont, Etienne Luneau, Twiggy Mauduit, Simon Pons-Rotbardt, Elisa Robinne
La Compagnie Grand Théâtre
Nous avons rencontré Armand Gatti dans sa maison de Montreuil à plusieurs reprises, pendant le printemps 2007.
Nous l’avons écouté parler, sans thème imposé, de lui, de sa vie, du monde, avec l’arbrepour seul point d’horizon.
Ce spectacle n’a rien d’hagiographique. Gatti n’est pas de la pierre à statue : s’il est un arbre, c’est u’il est vivant à la conquête du soleil. Et c’et vers cet arbre que nous avons marché, comme un point de repère dans l’horizon du verbe, comme Beaudelaire avec ses « phares ». Ce spectacle n’a rien d’encyclopédique : Il prend racine aux impressions que les rencontres avec lui nous ont laissées : ses mots vivants, hauts tendus comme le poing qu’il lève pour scander ses récits et l’ardeur pétillant à ses yeux de ses appels à résister contre tout ce qui rabaisse l’homme.
Mercredi 12 novembre CSC Jacques Prévert 20h30
La plage oubliée
de Joëlle ROULLAND
Mise en Scène : compagnie Alkime avec la complicité de Joëlle Roulland
Interprète Alicia Quesnel
Compagnie Alkime
Une femme entre, une valise à la main, elle cherche le chemin qui conduit à la mer. Elle regarde autour d’elle et reconnaît ce endroit, c’est là qu’elle est née, c’est là qu’elle a grandi. La femme invente des souvenirs d’enfance, elle joue à sse souvenir, ellle est comédienne.
Dans sa valise, pêle-mêle, il y a des rochers, du sable, des bateaux. Tout en reconstituant la plage où elle allait se baigner quand elle était enfant, elle raconte une vie imaginée, un passé de fantaisie.
Le jeudi 13 et vendredi 14 novembre Théâtre Éphémère de Poche 18h30 Spectacle à partir de 6 ans
Passé-je ne sais où, qui revient
de LAZARE
Mise en scène de l’auteur
Avec : Jean Pierre Baro, Anne Baudoux, Claire Monique Scherrer, Philippe Smith, Hakim Romatif, Arthur Ribo, Marion Faure, Benjamin Colin et Frank Williams
Compagnie Vita Nova
Le projet Passé-je ne sais où, qui revient se tisse autour d’une mère ; sa vie est à la fois simple et extraordinaire. Des questions lui sont posées et ses réponses restituent, par indices, les traces d’une tragédie. Ses réponses se mêlent à l’écriture de la pièce et en renversent d’autres, plus anciennes.
Le 8 mai 1945, deux faits mineurs survenus à Sétif et Guelma déclenchent le plus grand massacre de l’histoire de France contemporaine, en temps de paix : au moins 20000 et probablement 30000 algériens sont tués par les européens.
CHANTIER DE CRÉATION Jeudi 13 novembre Salle Léo Ferré 20h30
L’ÉCOLE DES VENTRILOQUES
d’Alexandre Jodorowsky
Mise en scène : Jean-Michel d’Hoop
Assistante à la mise en scène : Coralie Vanderlinden
Avec : Cyril Briant, Sébastien Chollet, Pierre Jacqmin, Emmanuelle Mathieu, Fabrice Rodriguez, Anne Romain, Isabelle Wéry
Musique (composition et interprétation) : Pierre Jacqmin Compagnie Point Zero
(Bruxelles, Belgique)
Grinçante, métaphysique, onirique, L’école des ventriloques est avant tout une comédie.
Dans cet univers proche de Kafka et Georges Orwell, les acteurs manipulent des pantins de taille humaine, à moins que ce ne soit l’inverse ;…
Céleste, héros de cette folle aventure, tombe de nulle part dans une ruelle déserte. Pris de panique, il se sauve et atterrit dans le jardin d’une école peu banale, l’école des ventriloques, dirigée par le Sacro-Saint Directeur. Parachuté dans ce monde parallèle où les marionnettes font la loi, il se démène comme un beau diable pour trouver sa voie. Y parvientdra-t’il ?
Vendredi 14 novembre Théâtre Victor Hugo 20h30
OPÉRA PANIQUE
d’Alexandre Jodorowsky
Mise en scène : Marcos Malavia
avec Loreto AZOCAR, Louise BAUDURET, Mathieu CABIAC, Andréa CASTRO, Sébastian CASTRO, Medhi KEROUANI, Sébastien NAUD, Anita VALLEJO
Compagnie SourouS et Compagnie Aleph
Dans cet Opéra Panique, les personnages baignent dans un univers absurde et clownesque, à la manière du génie des Marx Brothers.
Les questions existentielles engendrées par l’Absurde émergent impétueusement sans avoir rien perdu de leur force. Le contrat social que l’existence nous a fait souscrire est démasqué.
L’Opéra Panique marque le retour au théâtre, après trente ans, d’Alexandre Jodorowsky, inoubliable pionnier de l’avant-garde chilienne, mexicaine et européenne.
Samedi 15 novembre Salle Léo Ferré 20h30
Autour du Festival 2008
Paroles en acte 2008
Y-a-t’il un héritage de 68 au théâtre ?
En partenariat avec le magazine Cassandre
Un temps fort de réflexion auquel participeront des personnalités du monde associatif de la ville, des intellectuels, et des artistes.
Le Festival Auteurs en Acte s’est toujours inscrit dans une réfexion globale sur la place de l’art dans la société.
C’est pourquoi ce débat d’idées est un rendez-vous important.
Si important qu’il fait désormais l’objet d’une publication, un livre éponyme qui paraît chaque automne aux Éditions de l’Amandier et qui reprend les échanges des intervenants.
Cette année le thème choisi interroge l’héritage légué :
Y at-il un héritage de 68 au théâtre ?
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Soirée de clôture du festival 2008
Samedi 15 novembre Salle Léo Ferré 22h00
En clôture du festival, un cours collectif de la Salsa des lanceurs de pavés.
[On ne sait pas si c’est dans la mare ou ailleurs…]
Et ce qu’on en pense de 68 à Bagneux ?
Vous l’apprendrez au cours de cette soirée par la projection EN EXCLUSIVITÉ PLANÉTAIRE, du film « Parloir ambulant », moisson exceptionelle de tchatches chronométrées et balnéolaises sur 68, réalisées aux 4 coins de la ville.
L'Équipe du Festival
Direction artistique : Marcos Malavia
Conseillère à la programmation : Muriel Roland
Administration : Marie Ange Estrada
Assistante administrative : Geneviève Durnac-Martinat
Graphisme : Erick Priano
Relations publiques : Roselyne Geslot, Christina Huet, Valérie Foury, Assiata Camara
Directeur technique : Alain Briand
Le festival est organisé par la Compagnie SourouS en collaboration avec
le Théâtre Victor Hugo et la Direction des Affaires Culturelles de la Ville de Bagneux.
