Festival 2009

15ème édition ÉCRITURES DES RÉSISTANCES

LE THÉÂTRE,
UN ESPACE DE RÉSISTANCE

Tant que les lions n’auront pas leurs propres historiens, les histoires de chasse glorifieront toujours les chasseurs !
(Proverbe africain, rapporté par John Berger lors d’un colloque présidé par le sous-commandant Marcos à San Cristobal, Mexique, 16.12.2007)

Dans leur course folle vers toujours plus de productivisme et de consumérisme, sensée alimenter une croissance qu’ils nous présentent comme infinie, les « flux économiques », auxquels on voudrait résumer le monde, n’ont d’yeux que pour tout ce qui peut être « multiplié », « reproduit », et donc rentabilisé.

Hélas (selon les chasseurs) ou heureusement (selon les lions), le théâtre, lui, échappe à toutes les règles modernes de l’économie car il n’est pas reproductible, et donc pas rentable, sauf à renoncer à ses propres finalités, c’est-à-dire à renoncer à lui-même.
Contre le dogme officiel de l’homo œconomicus, et du « produit culturel » tendant de toutes ses forces à éradiquer l’homo sapiens, tant dans son propos que par les conditions mêmes de sa production, le théâtre est plus que jamais nécessaire comme espace où les lions peuvent faire entendre le texte caché du monde, c’est-à-dire l’histoire selon leur point de vue.
Parce qu’il est le laboratoire de l’expérience d’une construction collective où chacun a son RÔLE, du public, de l’acteur au metteur en scène, en passant par les techniciens et tous les corps de métier qui le composent.

Parce qu’il est le lieu de l’artisanat, espace d’un mariage heureux entre l’héritage traditionnel et la recherche permanente, entre le travail et la sculpture de soi, dans l’émergence à chaque fois d’un geste unique.
Parce qu’il est le lieu, contre la langue de bois des experts et des technocrates qui a envahi jusqu’au champ du culturel, de l’oralité et de la parole incarnée, c’est-à-dire d’une parole critique et créatrice, dont la présence de CORPS ET DE FAIT, ICI ET MAINTENANT empêche le recours aux constructions totalisantes, abstraites et dangereuses de l’utopie.

Cette année, pour cette 15ème édition du Festival Auteurs en Acte, en suivant ce fil rouge de l’ÉCRITURE DES RÉSISTANCES, nous chasserons gaiement le stéréotype, le déjà-vu et déjà-entendu, avec l’aide d’une bande de lions, tantôt joyeux tantôt féroces, mais toujours passionnants…

Marcos Malavia & Muriel Roland,
Directeurs SourouS Compagnie.

Les Spectacles du Festival 2009

Récits du monde ouvrier de Nicolas Bonneau

Mise en scène et collaboration à l’écriture : Anne Marcel
Interprétation : Nicola Bonneau
Scénographie : Vanessa Jousseaume
Création lumières : David Mastretta

Production : Le Lieu-dit
(Poitou-Charentes)

Autour du monde ouvrier, la petite et la grande histoire se rencontrent, pour des récits puisés auprès de ceux qui les ont vécus. Gilbert sort du lotissement qui le conduit chaque matin à l’usine. Un atelier d’usinage dans une usine de chimie lourde. Sa femme travaille dans la confection. Juste à côté, dans le marais, les tuileries ont presque toutes fermé. Ce matin, coup de fil de l’agence d’intérim. Sylvia trouve que le boulot de sa mère, « c’est vraiment l’enfer ». Hier soir dimanche, veille du lundi matin et du boulot qui reprend, Marie-Claire a encore vomi. Il faut souder la cuve dans la poussière de Chrome et de Nickel. L’usine c’est la mort parfois. Parfois aussi, on rigole. Il y a des usines désaffectées, des montées à Paris pour la manif, des syndicats et des piquets de grèves, des coups de gueules et des coups à boire, des matins difficiles et des quotidiens qui ne demandent qu’à chanter. Des mots comme une révolte, des histoires pour ne pas se laisser contaminer par le monde comme il va, des personnages en forme d’hommage à la classe ouvrière, aux « déshérités », aux humbles, mais aussi pour pousser un coup de gueule !

Nicolas Bonneau raconte le monde comme il va, aimant à se glisser dans la peau de ses personnages, passant du comédien au conteur, du narrateur au citoyen.
Sortie d’usine est une immersion dans le monde ouvrier, son Histoire, son présent et son avenir…
Sortie d’usine est aussi l’enquête d’un fils d’ouvrier qui cherche à comprendre pourquoi son père a tout arrêté au bout de 35 ans.

On semble parfois oublier qu’il existe encore en France une classe ouvrière : on délocalise, on met à la retraite, on licencie, on privilégie le secteur tertiaire… On reste figé sur des clichés d’usine, ceux des années 50, notamment. Derrière le mot Usine, il y a la culture ouvrière, des familles, des métiers pénibles, des savoir-faire, des rêves, des peurs, des souffrances. Derrière le mot Usine, il y a ce qu’on imagine, il y a ce qu’on connaît et ce qu’on ne connaît pas. À part les ouvriers, qui connaît vraiment l’usine ? Quel est le sens du mot « travail » aujourd’hui ; et d’ailleurs, quel sens à ce mot. Quel vocabulaire pour quels gestes ?
Quelles vérités ces hommes et ces femmes ont-ils à nous révéler sur l’évolution de notre société ?

de Serge Valletti

Texte original : Serge Valletti
Conception & interprétation : Christian Mazzuchini
Collaboration artistique et mise en scène : Alain Reynaud
Collaboration artistique et scénographie : Maryline Le Minoux
Collaboration artistique et lumière : Jean-Pierre Chupin
Production : Compagnie Pile Poil (13)
Production déléguée : Ici même Productions
Coproductions : Port-de-Bouc (13) Théâtre Le Sémaphore
(Avignon-Marseille)

CRÉATION

Mythomane est un florilège de textes de Serge Valletti, démontés, montés et regonflés par Christian Mazzuchini, brodés à l’occasion de quelques pépites inédites, des espèces de Vénus de Milo à la Dali dont les tiroirs renferment des centaines de prolongements picaresques…

On sait depuis Balle perdue, confession d’un mythomane (1981), écrit par Serge Valletti-auteur pour Serge Valletti-acteur, pièce-chuchotée pour deux spectateurs dans une cave à la lueur de deux bougies, que la mythomanie est un thème de prédilection pour Valletti qui, s’il n’est pas régionaliste, n’en oublie pas cependant qu’il est du sud. Il dit à ce propos : « moi quand j’étais petit, j’ai toujours dit la vérité. Par exemple je disais que mon père écrivait des romans policiers, je disais la vérité, tout le monde se foutait de moi, et on croyait que j’étais mythomane (…) Je suis un mythomane qui dit la vérité. »

On sait également que chez Christian Mazzuchini, il y a une véritable « geste Vallettienne » avec un compagnonnage qui dure depuis plus de 15 ans. À tel point que de Christian Mazzuchini, Serge Valletti dit : « Au fil du temps et de la fréquentation par Christian de mes textes : Comme il veut, Le nègre au sang, Balle perdue, Souvenirs assassins, Autour de Martial, Si vous êtes des hommes !, Réception…, une sorte d’évidence s’est fait jour : est-ce lui qui est fait pour moi ou bien est-ce que c’est moi qui suis fait pour lui ? Nous creusons cette question ensemble en sachant que nous n’aurons probablement jamais la réponse. »

On savoure par avance, parce que ce sera la quatrième fois que le Festival Auteurs en Acte accueille joyeusement cet étrange Bernard- L’Hermite du théâtre, qu’on va RIRE, et peut-être même PLEURER DE RIRE…, et jamais graveleux, jamais vulgaire, mais sur toute l’échelle de nos nostalgies, de nos révoltes, de nos folies, de nos tendresses…

Et en prime…Christian Mazzuchini et Serge Valletti invitent sur scène les Balnéolais !

À partir de 1997, Christian Mazzuchini monte les trois volets des « Gens d’Ici » de Serge Valletti. Au gré de 8 années de tournées nationales, plus de 6000 « Gens d’Ici » sont venus le rejoindre sur scène, faisant entrer leur talent, leur présence, leur vécu dans la partition humoristique vallettienne ; puis ce fut « Psychiatrie/Déconniatrie » de Valletti-François Tosquelles, accueillant quelque 1400 faux psychiatres, et enfin « Jésus de Marseille », du même Valletti,offrant à 90 comédiens amateurs une partition humoristique, à la mesure de leur talent. Autant d’invités sur scène signifie des familles, des amis, des voisins en plus dans les salles de spectacles… Et Mazzuchini affirme haut et fort, plus que tout autre, qu’il en va de sa responsabilité d’artiste, d’élargir le cercle des « théâtreux »« Mythomane ne dérogera pas à la règle et à la tradition. Les balnéolais seront ainsi invités à agrandir la famille Vallettienne au court de multiples « Tchatchades »…

de Gao XINGJIAN (THÉÂTRE MUSICAL)


Mise en scène : Marcos Malavia
Distribution en cours
Décor et Lumières : Erick Priano et Valérie Foury
Costumes : Kinga Kozakowska
Images : Gao Xingjian
Coproduction : Sourous Cie, Théâtre de l’Epée de Bois (Cartoucherie), Maison de la Musique et de la Danse de Bagneux, Festival Auteurs en Acte, avec le soutien de la SACD et de la Fondation Beaumarchais.

CRÉATION

« Ballade Nocturne » se présente comme une longue insomnie au travers du cerveau-scène d’une femme, en proie aux affres d’un ludisme cruel où alternent gouaille, introspection maladive, autodérision,et même une sorte d’héroïsme grotesque. Dans le cabaret intérieur de ses songes, de ses fantasmes, La Comédienne, Elle, Nous, Je… nous entraîne dans une ballade au travers des identités fragmentées de la féminité, en proie au vertige du passage de l’un à l’autre de ses masques, jusqu’au naufrage final du petit matin et du café crème…

« Ballade Nocturne », présentant l’aspect d’une méditation sur les identités fragmentées, la mise en scène se placera sous le signe d’une juxtaposition de travestissements, comme un essayage nocturne des différents fantasmes, stéréotypes, identités culturelles projetées sur la féminité, tantôt acceptées, tantôt rejetées.

La musique « in vivo », spécialement composée pour cette création, jouera sur différents styles musicaux (tango, milonga, musique contemporaine…), accompagnant ou provoquant par cette variété les « essayages d’identités » et travestissements du personnage, le tout soutenant un travail de la voix passant du parler au chanter, au service du miroitement poétique du texte.

La Compagnie SourouS poursuit avec cette pièce son voyage dans l’œuvre de Gao Xingjian, fascinée par les pistes qu’elle dessine pour une pratique rénovée de l’acteur, où se réconcilient tradition et modernité, orient et occident, psychologie et langage du corps.

de Jean-Louis BAUER et Michel COUVELARD


Mise escène : Philippe Adrien
Avec : Bruno Ouzeau, Mila Savic, Denis Léger-Millau
Andrew Rugasira
Collaborations artistiques : Vladimir Ant et Jean-Pierre Dumas
Lumières : Pascal Sautelet
Son : Stéphanie Gibert
Mouvement : Sophie Mayer
Régie : Laurent Cupif et Mickaël Bennoun
Production : Théâtre de la Tempête, La Cartoucherie
(Paris, Ile-de-France)

CHANTIER DE CRÉATION

Toute ressemblance avec des personnages réels serait, comme on dit, fortuite… Dans Une vie de Château, Jean-Louis Bauer et Michel Couvelard mettent en scène un président Ubuesque qui passe plus de temps à admirer sa nouvelle montre qu’à négocier avec les syndicats alors que la rue gronde sous ses fenêtres ; son épouse, la présidente, qui hésite désespérément entre ombre et lumière, anonymat et célébrité, partir ou rester ; un jeune noir ambitieux, comme conseiller en communication, un premier ministre aussi dévoué qu’impuissant qui tente en vain de limiter les dégâts, lorsque son président égaré par la fréquentation idolâtre des puissants et sa passion adolescente pour son épouse rétive, risquerait de mener le pays au désastre. Couple de vaudeville, portes qui claquent et alternance endiablée de grotesque et d’absurde…

de Rémi DE VOS


Mise en scène : Dag Jeanneret
Scénographie : Cécile Marc
Lumières : Christian Pinaud
Interprétation : Philippe Hottier, Stéphanie Marc
Production : Compagnie In situ, associée au théâtre Sortie Ouest, le spectacle reçoit le soutien de Réseau en scèbe Languedoc Roussion
(Languedoc-Roussillon)

Dans cette dissection au scalpel des rapports d’un couple et de ce couple au monde, dans un incessant va-et-vient horriblement drôle, il y a comme un concentré de toutes les petites misères humaines, de toutes les avanies quotidiennes, de tous les renoncements mais aussi – et paradoxalement – de tous les espoirs enfouis.
Occident, c’est une bataille à la vie à la mort entre deux êtres perdus, qui se sont comme retranchés du monde policé, dans l’absolue nécessité et la pure vanité de triompher de l’autre, de ne jamais rien céder à l’autre. Sinon, ils s’écroulent ou s’en vont.
Occident, c’est un échange âpre, trivial, dérangeant parfois dans sa violence.
Occident, c’est un art du dialogue consommé, une mécanique de précision presque vaudevillesque où le rire advient brutalement, sauvagement. Puis se glace dans la gorge puis revient encore, toujours plus effrayant.
Occident, c’est aussi la peinture de la descente aux enfers d’un homme qui peu à peu glisse vers l’extrémisme, doucement, sciemment, sans jamais s’en émouvoir. Une petite suée dans le dos de nos bonnes consciences.

Dag Jeanneret

Occident est une pièce désespérée, atroce dans sa noirceur sans retour. On doit pourtant rire, sinon ça ne marche pas. La pièce, dans ce qu’elle propose, est presque inatteignable. Elle se joue constamment sur le fil du rasoir et demande pour cela de sacrés funambules n’ayant pas peur du vide… J’ai vu une représentation d’Occident au Théâtre Gérard Philipe, à St Denis, en juin dernier. Dans une mise en scène de Dag Jeanneret. Il s’agissait d’un travail en cours, d’un « chantier », puisque la création est prévue en octobre de cette année. Et bien je ne croyais pas ce que je voyais ! Philippe Hottier et Stéphanie Marc étaient tout simplement incroyables et la mise en scène de Dag Jeanneret déjà d’une précision diabolique. La pesanteur et la grâce, l’amour devenu fou, la drôlerie cruelle, l’envie d’en finir, tout était là… Cela fait quinze ans que j’écris, il est très rare pour moi de voir porter à la scène un de mes textes avec autant de force. Un choc, vraiment.

Rémi De Vos – Septembre 2008

de Jean Bojko


Récit à voir
susurré par Ivan Charabara
à Jean Bojko, pour qu’il fasse suivre
(Bourgogne)

Les héros de cette histoire : des personnes âgées bien décidées à mettre à l’épreuve cette remarque en forme de question de Gaston Bachelard : « L’avenir ? Est-ce ce qui vient vers nous ou ce vers quoi nous nous dirigeons ? »
Des personnes âgées déterminées à agir, voire à renaître, même si la mort qui prend ici la figure de l’enfant apparaît à tous les détours dans l’espace européen que parcourent Roger le Morvandiau et Mykola l’Ukrainien des Carpates.
Un temps à deux pattes, récemment édité, c’est avant tout un hommage à tous les gens très ordinaires, qui ont accompli cette odyssée périlleuse et héroïque qu’est la vie. C’est un chassé-croisé, deux histoires qui en laissent supposer d’autres, à l’infini, dans la grande valse du temps qui fait de tous les hommes des nuages, ébahis, bringuebalés, sur l’étagère bleue du ciel.
Le récit à voir, c’est quand chaque lecteur (ou auditeur) devient un cinéaste dont les images s’impriment sur les écrans intérieurs (Car à l’origine, ce récit avait été imaginé pour un film avec Hanna Schygulla, Armand Gatti et Philippe Noiret qui avaient exprimé le plaisir de l’incarner).

de Grégory MOTTON

(Fantaisie anti-mondialiste)
Mise en scène : Véronique Widock
Avec : Elisabetta Barucco, Olivier Comte, Geneviève de Kermabon, Michel Gravero, Jando Graziani
Scénographie : Nieves Salzmann
Création sonore : Nicolas Losson
Création lumière : Pierre Gaillardot
Costumes : Didier Jacquemin
Création d’objet : Goury
Création vidéo, photos : Eric Mariette
Compagnie Les Héliades
(Colombes – Ile-de-France)

Une fable politique contemporaine

Sans langue de bois ni complaisance, Gregory Motton s’attaque avec une ironie jubilatoire à notre société contemporaine.
Chef d’Etat sans état d’âme, Gengis carbure au profit, à l’exploitation de l’homme par l’homme et à l’industrialisation de la planète. Atteint d’une soudaine crise de conscience, il décide de se rebeller contre le système et ambitionne de convertir l’humanité à la solidarité et à la paix. Son nouvel engagement va l’entraîner dans une guerre économique chaotique avec les Etats-Unis et un amour passionné pour Lillipuce, la plus petite des ouvrières.
Pendant ce temps aux manettes de l’État, d’arrangements en compromissions, Tonton et Tata en profitent pour délocaliser et conclure de juteux marchés internationaux…

Un texte inouï, féroce et drôle qui nous interroge sur notre courage idéologique face au gâchis écologique, à la consommation frénétique, à la colonisation culturelle…

de Bruno BOUSSAGOL


Conception & accompagnement : Bruno Boussagol
Écriture, jeu et photographie : Véronique Boutroux

Production : Brut de béton production

Petit musée de la catastrophe a été créée en résidence au Parapluie centre international
de création artistique à Aurillac, en coproduction avec La Comédie de Clermont scène nationale
et dans le cadre du Moulin à gaz à Billom.
(Auvergne)

« LE petit MUSÉE DE LA CATASTROPHE : pour un musée du temps présent. »

Depuis 1998, Brut de béton production a mis en scène 9 “spectacles” à partir de la catastrophe de Tchernobyl. Nous sommes allés plusieurs fois en Biélorussie et en Ukraine. En 2006 -vingt ans après la catastrophe- nous avons joué devant le réacteur en hommage aux liquidateurs (1 million) qui se sont sacrifiés pour réduire les effets de la contamination.
Notre expérience va nous amener à adopter un point de vue radical et inédit concernant la muséographie : il est inutile d’avoir des pièces originales. Ce qui garantit c’est le discours. En effet, outre que les objets de “valeurs” sont contaminés et par là même dangereux, c’est le témoignage à partir de l’objet (représenté par une photocopie et pourquoi pas par un autre objet) qui l’authentifie.

La contamination n’est pas représentable.
Tchernobyl n’est pas représentable.
Notre musée ne sera pas le lieu de l’authentique, de la valeur. Il sera fondamentalement pauvre. Il sera le lieu de la transmission d’un savoir acquis par l’expérience.

Véronique Boutroux va prendre en charge ce musée. Elle est photographe. Je dirai que son regard permet de faire voir ce qui dans le noir luit à ses yeux. La rencontre entre l’invisible de la contamination et son rapport à l’in vu va donner des photographies singulières, peu spectaculaires, à la fois ordinaires et fulgurantes. Un objet exposé (une framboise, un bol de lait, une sculpture-tirelire en terre de Lénine, une chaussure…) sera mis en tension avec une de ses photographies. De retour en France, elle écrira un texte, produit alchimique de sa rencontre avec la guide de Krasyatichi, son savoir acquis sur la catastrophe, sa pratique personnelle de la région et des habitants, son style. Enfin elle adoptera un jeu qui créera une tension entre représentation théâtrale et visite guidée.

Bruno Boussagol

de Luis Miguel GONZALEZ CRUZ


Mise en espace : Muriel Roland
Avec : Sandrine Moaligou, Charlotte Léo,
Mathieu Cabiac, Sébastien Naud et Christian Gorin
Dans le cadre du Réseau « Résonances Latines »
Production : SOUROUS Cie, Festival Escenas de Noviembre de Madrid, Teatro el Astillero et Festival Auteurs en Acte

MISE EN ESPACE

Une sorte de baraque, construite en panneaux de plâtre et d’humidité. Une petite chambre, sale et en désordre. Le bruit de voitures dénote la présence prochaine d’une grande route…

ANA : Je le veux, Ray…je le veux.
RAY : J’ai entendu, moi, j’ai bien entendu.
ANA : Tu obtiendras ça pour moi ?
RAY : Il vaut plus de trois kilos.
ANA : Avec sa signature, c’est sa signature ce qui vaut.
RAY : Je le ferai…tu l’auras.

ANA s’étreint à RAY encore plus fort.

RAY : Tu auras un tatouage, un grand tatouage, le meilleur tatouage de l’hémisphère. Un tatouage comme la Poisse.

Ainsi s’ouvre la tragédie urbaine de Luis Miguel Gonzales Cruz, reflétant la désespérance des jeunes face à la société actuelle, leur fuite en avant, leur flirt avec le non-sens, et l’impérieuse nécessité pourtant, à leur façon, de reconstruire les idéaux comme une forme de résistance.

RÉSONANCES LATINES

Avec cette mise en espace de « La Poisse » (titre espagnol : La Negra), nous inaugurons cette année le nouveau réseau de diffusion, de traduction et de découverte « Résonances latines », dont le Festival Auteurs en Acte et le Festival de théâtre contemporain Madrilène « ESCENAS DE NOVIEMBRE » sont à l’initiative. Ce réseau réunira également un festival italien et un festival portugais, et permettra ainsi la circulation des œuvres des dramaturges vivants de chaque pays dans les trois autres, sous forme de mises en espace, de lectures dramatisées ou de chantiers de création, faisant suite à des programmes de traduction d’une langue à l’autre.
La prochaine étape de ce projet est la création en espagnol, au Festival Escenas de Noviembre de Madrid 2009, de la pièce d’Alejandro Jodorowsky Opéra Panique qui fut présentée l’an dernier sous forme de chantier de création dans notre édition 2008.

de François CHAFFIN


D’après trois monologues de l’auteur :
La morsure du citron, Le miroir aux éléphants, A six heures, avec six sexes dans six sacs
Avec : Soizic Gourvil, Julien Defaye, Thierry Barthe
Mise en jeu et deus ex machina : François Chaffin et Céline Liger
Coproduction : Théâtre du menteur, La Fabrique / Saison culturelle de la ville de GuéretAvec le soutien du Conseil Général de l’Essonne, de la Compagnie Baudrain de paroi / Le tracteur,
du Théâtre de la Grange de Brive-la- gaillarde et du Théâtre le Nickel à Rambouillet.

Le vent ne fait pas de prisonniers est une traversée poétique et saillante au cœur de la parole de ces hommes et de ces femmes organiquement inadaptés à l’ordinaire, inadaptés au bâillon et à la politesse du « joliment dit » et du « proprement parlé ». Ce conte contemporain et mal élevé nous raconte les jaillissements de ces êtres singuliers, ces vagabonds solitaires, qui tentent de résister, la bouche ouverte et l’insolence entre les dents, à l’enlisement de nos existences dans le respectable et le conforme.

Peut-on encore s’allumer dans les mots, s’abandonner au silence du voisin ?
Qui prend le temps d’écouter, qui se tait, qui s’emplit de la parole de l’autre ?
Qui parle à son tour, ose le chant, sa fontaine intime ?
Qui a quelque chose à dire, qui parle pour ne pas mourir ?
En ces temps où la différence effraie et où la surdité grandit : qui écoute pour ne pas laisser mourir ?

Au cœur même du spectacle, fiction et paroles documentaires se mêlent, sortant ainsi le spectateur de l’illusion imposée par la représentation, tressant la parole de l’auteur à celles des ateliers, afin d’écouter nos singularités, nos monstres cachés, folies douces, anomalies et différences…

voir la fiche du spectacle sur le site du Theatre du menteur

liens vers les monologues de l’auteurs à partir desquels est construit le spectacle :

La morsure du citron (extrait)

Le miroir aux éléphants

A six heures, avec six sexes dans six sacs

Autour du Festival 2009

Le Théâtre, un laboratoire des résistance ?

En partenariat avec le magazine Cassandre

Un temps fort de réflexion auquel participeront des personnalités du monde associatif de la ville, des intellectuels, et des artistes.

Le Festival Auteurs en Acte s’est toujours inscrit dans une réflexion globale sur la place de l’art dans la société. C’est pourquoi ce débat d’idées est un rendez-vous important. Si important qu’il fait l’objet, chaque année, d’une publication, un livre éponyme qui paraît chaque automne aux Editions de l’Amandier et qui reprend les échanges des intervenants.

Cette année, le thème choisi interroge les résonnances et les implications de la création dramaturgique par rapport à notre société : « Le théâtre, un laboratoire des résistances ? »

Le 11 novembre Centre Social et Culturel Jacques Prévert 17h00

Bal sans papiers

Avec le groupe musical « Sin Papel », signifiant en espagnol le « rôle » dans une pièce de théâtre mais aussi les papiers… d’identités ici !

Avec le groupe musical « Sin Papel », signifiant en espagnol le « rôle » dans une pièce de théâtre mais aussi les papiers… d’identités ici !

Samedi 14 novembre Salle Léo Ferré 22 h 00

 

L'Équipe du Festival

Direction artistique : Marcos Malavia

Conseillère à la programmation : Muriel Roland

Administration : Emilie Bidet

Graphisme : Erick Priano

Relations publiques : Roselyne Geslot, Christina Huet

Directeur technique : Alain Briand

Le festival est organisé par la Compagnie SourouS en collaboration avec
le Théâtre Victor Hugo et la Direction des Affaires Culturelles de la Ville de Bagneux.