Festival 2012 - édition en Chantier
AUTEURS EN ACTE 2012 18ème édition (EN CHANTIER)
Auteurs en Acte En Chantier 2012, ouvre sous le titre générique :
DECLOISONNONS… !!! AU CROISEMENT DU THEATRE ET DE LA MEDECINE
Une exploration de l’écriture dans la convergence et
le croisement entre la médecine et le théâtre
Théorie de la catharsis d’Aristote, art thérapie, mise en scène de la médecine dans le théâtre (Molière et d’autres), opérateurs et charlatans du théâtre de foire du XVIIIème siècle, scène comme lieu psychique et espace mental, dramaturges médecins (Tchekov etc.), hommes-médecine indiens et chamans de tous continents à la fois acteurs, metteurs en scène et médecins… La liste est longue des relations quasi congénitales qui lient théâtre et médecine, même si ce lien s’est distendu avec l’avènement d’une médecine plus technicienne, et malheureusement en proie aux affres de l’idolâtrie de la rentabilité à tout prix, qui déforme son visage humaniste. Ce n’est donc pas un hasard si aujourd’hui, Théâtre et Médecine recherchent si éperdument à se relier à nouveau. C’est pourquoi nous articulerons autour de ce thème la 18ème Edition en chantier 2012 et le 18ème festival Auteurs en Acte 2013.
Nous vous attendons nombreux à cet événement plein de santé…
Marcos Malavia & Muriel Roland
Directeurs de la Compagnie SourouS.
Les Spectacles du Festival 2012
BAMAKO-PARIS
Mise en espace
Jeudi 8 Novembre – Théâtre Victor Hugo – 20h30
Texte : Ian Soliane
Mise en espace : Fabienne Maître (Cie Torquemada)
Avec : Steeve Brudey, Hubert Godon, Béatrice Michel, Rémi Caillebot
Pièce soutenue par l’Association Beaumarchais
La pièce
Ibou, clandestin malien accroché au train d’atterrissage d’un Airbus A320, à 9000 mètres d’altitude, nous parle. De Bamako. De sa mère. Du champ de citrouilles. Des barres chocolatées. D’Amélie Poulain. De la décharge de Djelibougou. De l’hôpital. du point G. Des poubelles. Des fast-foods. Des émeutes de l’Automne noir. Du froid. Des crampes. Du roulis. De Zoumara le parisien. Des biscuits pour chiens. Du chocolat Mon Chéri. De ses rêves, ses
espoirs. De l’idée qui a germé dans son esprit. L’idée de s’accrocher à un train
d’atterrissage. Monologue entrecoupé par le rapport d’autopsie de son cadavre, seize heures plus tard, cadavre posé sur un lit de morgue dans une salle de l’Institut médico-légal de Paris.
Bamako-Paris est un texte politique mais pas seulement.
Ibou n’est pas un héros. Ce n’est pas un anti-héros.
Ibou est un homme, un passager clandestin, comme il en arrive des dizaines chaque mois en France.
Ibou fait irruption dans le théâtre français blanc.
Face à lui, deux hommes et une femme, qui font sérieusement leur travail.
L’histoire d’Ibou est simple et banale. Elle est traitée frontalement, avec force, par Ian Soliane.
Soliane pose des faits, deux espace-temps, quatre personnages.
Le dispositif est absolument contemporain et profondément ancré dans l’histoire du théâtre.
C’est le récit d’un sacrifice au sens antique du terme.
La France d’aujourd’hui, sans pathos ni violence.
Une civilisation raffinée et rationnelle, adossée à l’Histoire.
Une tragédie post-moderne.
Ian Soliane :
D’origine amérindienne, Ian Soliane vit et écrit à Paris. Il a publié plusieurs romans (Le crayon de papa, Solange ou l’école de l’os, Pater Laïus…), participé à différentes revues et ouvrages collectifs. Son premier texte dramatique, Le Métèque, est enregistré par la Comédie-Française pour France Culture en 2001. Son dernier texte dramatique, Bamako-Paris, a reçu le soutien de la bourse Beaumarchais/SACD 2009. Son dernier roman, La Bouée, vient de
paraître aux éd. Gallimard.
PSYCHOMACHIE
Mise en espace
Vendredi 9 Novembre – Théâtre Victor Hugo – 20h30
Texte : Jean Gillibert
Mise en espace par Muriel Roland, Compagnie SourouS
« – L’enfer est vide. Le ciel est vide. Tous les dieux sont partis.
Quelle idée de jouer avec la vie des morts !
Je suis sans mémoire comme le temps. »
« – Pipi sous moi
Mais j’ai peur, savez-vous !
Je veux mourir de ma mort à moi.
Je ne veux plus être votre mort.
Pipi sous moi !”
S’ouvrant sur une sorte de cérémonie sacrificielle grand guignolesque et barbare, Psychomachie se poursuit par « un combat d’âmes dans une vie vouée aux ténèbres », où « des morts et des vifs s’entredéchirent, s’entretuent dans un sabbat de nécropole », le tout dans une langue baroque, flamboyante et grotesque.
Jean Gillibert assista en 1947 à la conférence d’Antonin Artaud au Théâtre du Vieux-Colombier à Paris, ce qui eut une influence décisive sur sa prolifique carrière (de psychiatre, psychanalyste, acteur, metteur en scène, poète, dramaturge et romancier, avec des centaines de réalisations et d’écrits) placée sous le signe de l’exploration de la folie et du théâtre. Nous avons là l’un des artistes, chercheurs et poètes les plus prolifiques et prodigieux de notre temps, par lequel la compagnie SourouS a été très influencée, notamment dans sa recherche sur « la troisième voi(x)(e) » au théâtre, façon de porter le sens de façon musicale dans le parler théâtral, sans tomber ni dans l’écueil du prosaïsme, ni dans celui de la déclamation.
VOUS N’ÊTES PLUS MALADE !
Lecture
Samedi 10 Novembre – Théâtre Victor Hugo – 17h00
Texte : Marcos Malavia et Muriel Roland
Mise en espace : Marcos Malavia
Avec : Mathieu Cabiac, Muriel Roland, Roseline Geslot
Compagnie Sourous
« Vous n’êtes plus malade » s’inspire des récits élaborés par des malades lors de ces ateliers, sans chercher à reconstituer la démarche qui est développée lors des ces séances, mais plutôt pour explorer ce vécu et le rapport qu’on peut avoir avec la maladie chronique. Le texte réunit, à la manière d’une suite de courts métrages, trois séquences : un patient atteint de
diabète depuis l’âge de 8 ans auquel on annonce qu’il n’est plus malade ; le débat d’une patiente, Brigitte, avec son propre diabète ; Antoine qui se bat comme sur un ring avec sa maladie. Ces trois textes sont entrelacés par les réflexions d’un médecin, qui s’interroge sur son rôle dans les soins et sur la médecine en général.
« LE THÉÂTRE DU VÉCU » fut créé et mis en place en 2002, par Jean-Philippe Assal, médecin et Marcos Malavia, metteur en scène, dans le but de permettre aux patients comme aux soignants d’exprimer et de partager leurs expériences de vie par l’écriture et la mise en scène. Depuis, plus de 250 participants ont pris part à ce processus de création : patients atteints de maladies ou de situations chroniques (diabète, obésité, insuffisance rénale,
maladies cardio-vasculaires, cancer, anorexie, dépression) et les soignants ou les humanitaires qui les accompagnent. « Le théâtre du vécu » a été mis en place depuis deux ans à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris en collaboration avec le Professeur André Grimaldi.
LE SOUFFLE ET LE DOCTEUR
Théâtre
Samedi 10 Novembre – Théâtre Victor Hugo – 20h30
Proposition pour performance théâtrale, musicale et chorégraphique d’après les textes de Jean Reboul
Adaptation Jean-Luc Paliès
Avec le groupe Solyl-S
Compagnie Influenscènes
Femme infertile, invite le docteur dans un univers de rêve et de poésie. Monde du silence, monde inconnu où s’exprime dansdes paroles secrètes la vie au commencement.
Un Maître, avec son instrument de musique, une trompette, transmet à un enfant la dimension énigmatique de l’origine. Celle du Souffle qui fait jaillir la vie. La transmission est aussi résonance intime qui habite l’enfant devenu médecin et conduit son destin.
L’histoire du Docteur rencontre, dans son expérience, celle d’une jeune fille blessée.
Comme dans un miroir où la singularité de chacun les conduit, de leur place, à la
rencontre du désir, et de nouveau le souffle lieu de toute création.
L’Auteur – Jean Reboul
« Médecin gynécologue praticien, Consultant des Hôpitaux, la pratique de la médecine m’a très vite confronté aux limites des possibilités scientifiques. Les femmes infertiles ont éclairé très vite une dimension que le discours de la science semble négliger : celle du Sujet et de la vie. Le scientisme étouffe la vie au lieu de la servir : un savoir sur la vie ne révèle pas son énigme. Les Doctorats de Biologie Humaine et de Psychologie me permirent d’accumuler d’autres titres…mais les évaluations quantitatives, les protocoles, m’éloignaient de mon combat au lieu de le servir :
celui de réintroduire la dimension du sujet, celle de l’intime, là où la science les exclut. L’écriture s’impose. Comme une nécessité. Je n’ai jamais cédé dans une quête soutenue, dans les livres et les films [1] au souci permanent de tenter de transmettre quelque chose de l’ineffable de la Rencontre, irreprésentable mais source de toute création. Mes récents ouvrages, « Kaoru » et « Un combat pour des convictions » (encore inédit), m’offrent dans ma propre histoire et dans la
dimension artistique ce que les mots du médecin et du psychanalyste que je suis aussi devenu ne peuvent porter. »
Jean Reboul
CORPUS QU’AVEZ-VOUS VU
Théâtre Musical
Dimanche 11 Novembre – Théâtre Victor Hugo – 17h00
Conception et mise en lecture : Thierry Escarmant
Avec : Fanny Avram et Frode Bjornstad
Compositeur et guitariste : Ryan Kernoa
Sonorisateur : Stephan Krieger.
Compagnie Écrire un Mouvement
Corpus Qu’avez-vous vu est une version lecture musicale des textes de la prochaine création de Thierry Escarmant.
Cette pièce s’articule autour des interrogations soulevées par un sentiment d’impuissance que nous éprouvons parfois face aux réalités sociales, politiques et culturelles de l’humain.
Un sentiment qui s’étend parfois jusqu’à cette sensation de claustration et de malaise que Camille de Toledo appelle « Le nouvel enferment » et qu’il précise ainsi : « Je suis un asthmatique de l’âme. Je veux dire par là que l’époque me pose un problème respiratoire.
Je manque d’air. »
Si d’autres auteurs tels que Didier-Georges Gabily, Miguel Benasayag ou Bernard Stiegler nourrissent cette création, c’est du côté du corps que les tentatives de réponses sont abordées. Un corps qui s’offrirait en écluse fébrile comme dernier rempart. Un corps qui dessinerait dans l’air une réponse aphone, esquivant le verbe et la friabilité des discours,
tentant de suspendre, ne serait-ce que quelques instants, les dialectiques et les
oscillations entre résistance et résignation.
Écrire un Mouvement est une compagnie basée à Pau depuis 1989 et dirigée par l’auteur, chorégraphe et metteur en scène Thierry Escarmant. Le corps en termes d’implication et d’engagement est central dans ses projets, qu’il s’agisse du rapport à la danse, au texte, à la musique ou à la vidéo. Il crée des pièces pour la scène ainsi que des petites formes adaptées à tout type d’espace visant à replacer l’art dans le quotidien des gens.
Écrire un Mouvement, c’est aussi l’organisation régulière de manifestations exceptionnelles et de festivals tel que le Printemps des Poètes à Pau, des conférences, des workshops et des ateliers pédagogiques.
Écrire un Mouvement, c’est enfin un lieu de travail, mis à disposition par la Ville de Pau,
ponctuellement ouvert aux projets d’autres artistes et structures culturelles, pour des résidences de création ou des représentations.
Autour du Festival 2012
De quelle(s) ville(s) rêvons-nous
Débat Paroles En Acte
Lundi 16 novembre
Théâtre Victor Hugo 20h30
Nous avons demandé à Philippe Tancelin, poète-philosophe, d’être le maître d’œuvre de cette soirée composée d’interventions poétiques, d’un temps de réflexion suivi d’un débat public, entre des philosophes, des poètes, des artistes, des acteurs du monde associatif, autour de la ville que nous voulons construire demain et de ses résonances dans le théâtre.
Avec la participation
des comédiennes du groupe Saxifrages, Atelier de création théâtral d’habitantes du quartier de La Pierre Plate à Bagneux (actuellement en pleine rénovation urbaine consécutivement à l’arrivée du métro).
et des comédiens de la Compagnie SourouS
Philippe Tancelin est professeur émérite de l’Université Paris 8, où il enseigne la philosophie esthétique et dirigeait le département Théâtre. Il est également président de « l’internationale des poètes ». Il a opéré le choix d’une approche poétique de l’histoire et de la relation témoin-événement. Ses activités de recherche se concentrent autour de la question de l’oralité poétique. Il dirige de nombreux ateliers de création poétique transdisciplinaires.
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Clôture du Festival - KOUZMIENKO
Samedi 21 novembre
Théâtre Victor Hugo 22h15
Florent Manevoh : Sax Soprano, Alto, Percussions
Francesco Di Carlo : Accordéon Chant
Gwen Celerin :Percussion, Chant
Loin des amplis inutiles ou mal réglés, nous clôturerons le festival avec une assemblée de musiciens qui sait déborder les cadres habituels de la fête et de notre façon de vivre la musique.
Danser seul(e) ou accompagné(e) jusqu’au bout du monde, c’est ce que nous promet la fanfare Kouzmienko en faisonner haut et fort les petites musiques intérieures de tous ceux qui viennent d’ailleurs comme d’ici, jusque dans nos villes.
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Librairie du festival
Organisée par les Amis du festival et les Adhérents de la Compagnie Sourous, la librairie accompagnera le festival avant et après chaque spectacle
L'Équipe du Festival
Direction artistique : Marcos Malavia & Muriel Roland
Presse et relations publiques : Laurenne Fabre – Leah Njeim
Accueil compagnies et public : Roselyne Geslot
Directeur technique : Alain Briand
Graphisme : Erick Priano
Partenaires du Festival
